Historique et lignage

Antiquité (origine mythologique)

La légende veut que les arts martiaux coréens se soient mis en place de façon institutionnelle pendant la période des Trois Royaumes de Corée (57 av. J-C - 668 ap. J-C). À cette époque, la Corée était divisée en trois États principaux : Koguryo, Silla et Baekje, tous trois sous forte influence chinoise malgré leur nouvelle indépendance. Silla est le royaume le plus connu, car c'est lui qui, après s'être allié à la Chine des Tang, a conquis Baekje en 660 et Koguryo en 668, instaurant la période de Silla unifié. C'est aussi à Silla que le gouvernement coréen actuel attribue la fondation du Taekkyon, art martial coréen inscrit au patrimoine mondial immatériel de l'humanité par l'UNESCO, bien que cela soit encore sujet à controverse.

Silla est également connu pour son élite guerrière, qui fut l'outil principal de l'unification de la Corée : les chevaliers Hwarang.

Cependant, Silla n'est pas le seul des Trois Royaumes à s'être doté de guerriers d'élite. Il semblerait même que le système des Hwarang, bien que le plus abouti car ayant duré bien plus longtemps, ait été repris à partir des guerriers de Koguryo, appelés Sunbi, et qui existaient depuis 372. Mais l'origine du Sin Moo se trouve dans le troisième royaume : Baekje.

Carte de la région de la Corée à l'époque des Trois Royaumes

Baekje était un royaume très particulier, au sens où il entretenait des relations diplomatiques très riches avec le Japon. En effet, pour contrer Koguryo qui menaçait de l'envahir, l'État de Baekje s'était initialement allié à la Chine, mais mit fin à cette alliance au IIIe siècle, allant jusqu'à conquérir des terres de l'autre côté de la mer Jaune. En revanche, le royaume a été extrêmement proche du Japon, qui lui doit notamment l'introduction de certains courants du Bouddhisme sur son territoire, ainsi que de quelques autres éléments culturels. C'est dans ce royaume qu'aurait été institutionalisé, en 320 ap. J-C, l'ordre des Samrang. Une légende coréenne raconte que la caste japonaise des Samouraï proviendrait de l'influence des Samrang émigrés au Japon après la chute du Baekje, ce que contestent évidemment les japonais. Jusqu'à aujourd'hui, aucune de ces deux versions n'a été scientifiquement vérifiée.

Statues bouddhistes coréennes anciennes.

Comme leurs confrères Hwarang et Sunbi, les Samrang étaient entraînés à de nombreux arts guerriers. On leur attribue notamment un entraînement à l'équitation, au Soo Sool (l'un des premiers systèmes de combat à mains nues coréens), mais surtout aux coups de pieds (Tae Gi) et au maniement du Jang Bong (bâton long), Joong Bong (bâton moyen) et Dan Bong (bâton court). Ils pratiquaient également le Keom Sool (escrime), mais utilisaient des lames droites et à double tranchant, comme les chinois (le sabre courbe n'est apparu que bien plus tard, pendant la période Goryeo, sous l'influence des Mongols). L'ensemble de cet entraînement physique aurait été appelé Tek Gi (qui signifie pratiquer), mot qui selon Dojunim Ji Han-Jae serait à l'origine du nom Taekkyon, apparu après que Silla ait conquis Baekje.

En plus de ces pratiques guerrières, les Samrang s'instruisaient à la littérature, ainsi qu'aux sutras bouddhistes. Enfin, des moines Taoïstes furent chargés de les entraîner au San Sa Ram (ancien nom du Sundo), une pratique de longévité basée sur la respiration.

Après la défaite de Baekje face à l'alliance entre Silla et les Tang chinois, le système des Samrang fut aboli (probablement absorbé par les Hwarang), et leurs techniques perdirent leur caractère institutionnel. On raconte cependant que ces techniques se seraient transmises pendant des générations de Maîtres et de disciples, jusqu'à l'époque moderne.

N.B.: Si l'existence des Trois Royaumes et des castes guerrières associées est avérée, le nom Samrang, ou Samsunin ("les Trois Immortels"), semble en fait issu de la mythologie de la fondation de la Corée (en -2333), et n'apparaît pas dans les articles scientifiques traitant du Baekje : il se peut que ce nom ait été repris après coup pour désigner les guerriers de Baekje, quant à eux bien réels. La domination japonaise du pays (avec une possible tentative de supprimer les preuves d'influence coréenne sur le Japon incarnées par la culture de Baekje) suivie par la politique nationaliste coréenne (qui plonge dans l'extrême inverse en ramenant tout à la Corée) ont mené à de nombreuses dissimulations et falsifications historiques qui rendent presque impossible une authentification de l'histoire culturelle de la Corée ancienne.

Daïto Ryu Aïki Jujutsu

En 792 ap. J-C, alors en guerre contre les tribus Aïnous, les armées japonaises, autrefois organisées sur le modèle chinois, furent restructurées, et à l'instar des Trois Royaumes de Corée, l'État commença à recruter ses officiers parmi les jeunes fils de familles nobles, formés à l'équitation, au tir à l'arc, au commandement militaire et au combat rapproché. Cette dernière discipline est couvent considérée comme étant l'ancêtre du Jujutsu. En effet, avant cela, il existe peu (voire pas du tout) de références à des arts martiaux japonais, tandis qu'à la suite de ça de nombreuses écoles d'arts martiaux ont vu le jour, probablement liées à l'expérience que les officiers japonais avaient retirée de leur formation au combat. Là aussi, certaines traditions coréennes racontent que le combat rapproché des officiers japonais était un dérivé d'un art martial de Silla appelé Yusool (et lui meme dérivé du Jiaoli chinois), qui repose sur des techniques de projection, de clefs articulaires, d'attaque des points vitaux (en chinois : Dim Mak) et quelques coups de pieds, mais aucune preuve historique scientifique n'a été apportée pour soutenir cette hypothèse. Vers le Xe siècle, les guerriers professionnels japonais furent nommés Samouraï.

Samouraï à cheval. Initialement, il s'agissait d'archers et non d'épéistes.

Il est important de comprendre que le nom Jujutsu (également prononcé Yawara, il signifie "technique de non opposition") est un terme générique qui n'a été employé qu'à partir de 1600 (succédant à Taïjutsu, "technique de corps à corps", apparu vers 1100) pour désigner l'ensemble des techniques de combat à mains nues développées par les Samouraï. Ces derniers ayant rapidement évolué vers le combat en armure sur les champs de bataille, le Jujutsu s'est peu à peu spécialisé dans les techniques de projections, de clefs articulaires et d'attaques aux points vitaux, bien qu'il ait initialement aussi comporté des techniques de coups de pieds. En effet, ceux-ci auraient peu à peu disparu car ils étaient difficilement utilisables vêtu d'un hakama ou d'une armure. Des coups de pieds bas ont néanmoins subsisté.

Le Jujutsu des Samouraï pouvait servir à immobiliser l'adversaire au sol afin de lui trancher la gorge à coup de Tantô.

Le Daïto Ryu Aïki Jujutsu prendrait sa source avec la naissance du clan Takeda, fondé par le légendaire Samouraï Shinra Saburo Minamoto no Yoshimitsu (1045-1127), jeune frère du célèbre Hachimantarô, Minamoto no Yoshiie (1039-1106), lorsqu'il s'installa au château Saïgo Daïto. Yoshimitsu était un maître de Tegoï, l'ancêtre du Sumo qui se transmettait dans sa famille depuis le IXe siècle, et est connu pour avoir développé les clés articulaires et les contrôles des tendons en étudiant des cadavres. Parmi ses descendants directs figurent son fils Minamoto no Yoshikiyo (1075?-1149?), qui s'installa dans le village de Takeda dont il prit le nom, et Takeda Shingen (1521-1573), principal acteur de la renommée du clan. Au fil des générations et des alliances avec d'autres familles (notamment le célèbre clan Aïzu), l'art martial des Takeda se transmit et évolua, prenant les nom d'Aïki In Yo HoAïki no Jutsu, et enfin Aïki Jujutsu. Comme son nom l'indique, le principe d'Aïki, d'union physique et mentale avec l'opposant afin de contrôler ses mouvements, et le principe de Ju, de retournement de la force de l'adversaire contre lui-même, sont au centre de la pratique de l'Aïki Jujutsu.

Minamoto no Yoshimitsu (1045-1127)

Le style se scinda en deux lorsque deux descendants de Takeda Shingen, Takeda Tadakatsu et Takeda Sokaku (1860-1943), entreprirent chacun d'y implémenter des réformes différentes issues de leurs expériences personnelles des arts martiaux. Tadakatsu fonda le Takeda Ryu Aïki Jujutsu, qui inclut le bâton moyen et le sabre, et Sokaku créa le Daïto Ryu Aïki Jujutsu (en référence au château Saïgo Daïto), modernisant profondément les méthodes pédagogiques, et préparant ainsi le passage des bujutsu aux budo.

Comme son nom le suggère, l'Aïkido de Ueshiba Morihei (1883-1969) a été fortement influencé par l'enseignement de Takeda Sokaku, qui n'était autre que son Maître.

En 1913, Takeda Sokaku accueille chez lui un enfant coréen nommé Choi Yong-Sul. Ce dernier passera 30 ans dans la famille Takeda, et y apprendra les techniques du Daïto Ryu Aïki Jujutsu.

Takeda Sokaku, initiateur du Daïto Ryu.

Du Daïto Ryu au Hapkido

Choi Yong-Sul (1904-1986) était un orphelin coréen, élevé par sa tante, et faisait partie des nombreux enfants coréens que les japonais, maîtres de la Corée à partir de 1910, avaient enlevés pour les faire travailler au Japon. Chanceux, le petit Choi avait fini par être recueilli par un moine bouddhiste appelé Wantanabe Kintarô. Ce dernier lui offrit gîte, couvert et éducation pendant un an dans un temple près de Kyoto, avant de le confier à Takeda Sokaku pour réaliser son voeu de devenir un guerrier.

Les versions sont nombreuses sur la façon dont Choi Yong-Sul apprit le Daïto Ryu, et certains prétendent qu'il était l'assistant personnel de Sokaku pendant les cours, quand d'autres disent qu'il ne pouvait être qu'un serviteur de la maison Takeda. La polémique est alimentée par l'absence totale de documents attestant de sa formation, excepté une interview de Ueshiba Kisshomaru (1921-1999), qui mentionne que son père Ueshiba Morihei aurait rencontré Choi Yong-Sul lors de certains séminaires de Daïto Ryu.

Quoi qu'il en soit, à son retour en Corée en 1945, Choi Yong-Sul possédait une impressionnante maîtrise des techniques du Daïto Ryu.

Choi Yong-Sul, importateur du Daïto Ryu en Corée et précurseur du Hapkido.

Ce n'est qu'en 1948, à la demande du jeune commerçant Suh Bok-Sup (né en 1924), que Choi Yong-Sul commença à enseigner en privé ce qu'il avait appris au Japon, sous le nom générique de Yawara (autre prononciation du nom Jujutsu). Suh Bok-Sup fut son premier élève, et le premier ceinture noire de Yusool (traduction coréenne de Yawara). C'est également lui qui suggéra de renommer l'art de Choi afin de le distinguer des arts japonais : l'art s'appela d'abord Yu Kwon Sool (technique de poing et de non opposition), qui sonnait davantage coréen, avant de devenir, à l'ouverture de la première école officielle à Taegu en 1951, le Dae Han Hapki Yukwonsool (Dae Han Hapki se prononçant Daï To Aïki en japonais). Cet art martial allait devenir l'un des plus répandus de Corée, influençant d'autres arts martiaux comme le Hwa Rang Do, le Kuk Sool Won ou encore le Han Pul.

En 1949, un nouvel élève, alors âgé de 13 ans, frappa à la porte de Choi : Ji Han-Jae.

Ji Han-Jae, un des premiers élèves de Choi Yong-Sul (1er Dan n°14)

Né en 1936 à Andong, Ji Han-Jae était un disciple extrêmement doué, au point que malgré son jeune âge il obtint bientôt le 14e diplôme de premier Dan de Yu Kwon Sool. Élève assidu, il progressa rapidement pour obtenir son 3e Dan en 1956, date à laquelle il ouvrit sa propre école à Andong, qu'il appela An Moo Kwan.

En parallèle, Ji s'initia à partir de 1956 à l'art ancien du Samrangdo Tek Gi, héritage des guerriers Samrang, auprès d'un ermite taoïste qu'il ne connaissait que par son nom de famille : Lee. Ce dernier lui enseigna pendant 2 ans l'art des coups de pieds, du bâton long et court, ainsi que du sabre. Il lui donna également des exercices de respiration (Sundo) à pratiquer seul afin de cultiver son énergie (Ki).

Fort de ces compétences, Ji Han-Jae déménagea à Séoul en septembre 1958, et y ouvrit une autre école : la Sung Moo Kwan. Il y enseigna bientôt un mélange de Hap Ki Yu Kwon Sool et de Samrangdo, sous le nom de Hap Ki Sool, puis Hapkido (adopté en 1959). La plupart des actuels Maîtres de Hapkido sont issus de cette école dont l'emplacement stratégique lui donna beaucoup de succès.

N.B.: La question de savoir qui donna le nom Hapkido à l'art est encore aujourd'hui sujette à controverse. Ji Han-Jae affirme que c'est lui qui a proposé ce nom, version corroborée par plusieurs Maîtres comme Kimm He-Young, Oh Se-Lim et Lee Joo-Bang ; toutefois, d'autres Maîtres non moins importants tels que Suh Bok-Sup, Lim Hyun-Soo et Chang Chin-Il soutiennent que c'est Choi Yong-Sul qui adopta ce nom pour son art. La question reste et demeurera entière, mais cela n'a que peu d'importance. Les faits sont les suivants : Choi Yong-Sul est le père de l'art martial, c'est lui qui importa la maîtrise de l'Aïki et les techniques du Daïto Ryu en Corée après des années de pratique au Japon. Ji Han-Jae est celui qui le popularisa et y apporta les techniques de coups de pieds hauts et de maniement des armes qu'on lui connaît aujourd'hui, issues du Samrangdo.

Ji Han-Jae (troisième assis), Choi Yong-Sul (cinquième assis) et leurs élèves.

En 1958, Choi Yong-Sul et Suh Bok-Sup ouvrirent chacun son propre Dojang à Taegu. Kim Moo-Hong, camarade de Ji Han-Jae depuis 1951, devint l'assistant de Suh Bok-Sup. En 1959, le nom Hapkido fut adopté pour toutes les écoles sous l'autorité de Choi Yong-Sul, Ji Han-Jae (alors âgé de 23 ans) étant toujours sous sa tutelle en matière d'arts martiaux.

En 1961, Ji Han-Jae et Kim Moo-Hong passèrent 8 mois à finaliser le programme de coups de pieds du Hapkido. La même année, Ji Han-Jae fut nommé instructeur des forces spéciales coréennes et responsable des gardes du corps du Président Park Chung-Hee, gagnant ainsi une forte influence politique.

C'est grâce à cela qu'en 1963, Ji Han-Jae et Choi Yong-Sul fédérèrent les différentes écoles (Kwan) de Hapkido qui s'étaient formées au fil du temps, au sein de l'Association Coréenne de Kido (le nom Hapkido ayant été raccouri en Kido par Ji Han-Jae pour se démarquer de l'Aïkido japonais). Malheureusement, la cohésion politique de ces Kwan ne dura pas et les hauts gradés finirent par quitter le navire, ce qui mit un terme définitif à l'unité du Hapkido. En 1965, Ji Han-Jae se sépara de Choi Yong-Sul et fonda sa propre organisation. La plupart des pratiquants d'alors le suivirent. À cette époque il possédait, avec Kim Moo-Hong, le plus haut grade existant : le 7e Dan.

Maître Ji Han-Jae démontrant une technique de projection sur un de ses élèves

Du Hapkido au Sinmoo

Ce n'est qu'une fois au sommet, Maître de son propre style de Hapkido, que Ji Han-Jae fit une rencontre qui allait bouleverser sa vie. Il entendit parler d'une certaine "Grand-Mère", prétendument capable de terrasser n'importe quel Maître d'arts martiaux. Piqué au vif, il rendit visite à cette dernière, qui se révéla être le professeur de Maître Lee. Après lui avoir donné une bonne leçon d'humilité, elle entreprit de lui enseigner l'ultime facette du Samrangdo : s'il maîtrisait l'aspect physique de la pratique, il était encore novice dans son aspect mental et spirituel, comme le montrait son arrogance face à elle. Alors commença l'entraînement le plus difficile que Ji Han-Jae allait subir.

En 1969, alors qu'il enseignait le Hapkido aux gardes du corps du Président des États-Unis Richard Nixon, Ji Han-Jae rencontra Bruce Lee, et lui montra quelques mouvements. Impressionné, celui-ci lui proposa un rôle dans son film Le Jeu de la Mort, et lui demanda de lui enseigner ses techniques. Ji Han-Jae joua également dans d'autres films, notamment l'excellent Lady Kung Fu, dont le titre original était simplement Hapkido.

En 1973, Ji Han-Jae fonda la Fédération Coréenne de Hapkido, réunion de sa propre organisation et de celles de son élève Myung Jae-Nam et de son camarade Kim Moo-Hong. Sous sa présidence, cette organisation devint la plus haute autorité mondiale du Hapkido, réunissant la quasi-totalité des écoles de Hapkido (à l'exception des écoles de Choi Yong-Sul).

Ji Han-Jae et Bruce Lee sur le tournage du Jeu de la Mort

Le 26 octobre 1979, Kim Jae-Kyu, directeur de la CIA coréenne, fit assassiner le Président Park Chung-Hee et ses gardes du corps, et la loi martiale fut déclarée. Au milieu du chaos déclenché par le coup d'État, Ji Han-Jae quitta ses fonctions, mais il resta une cible pour le nouveau régime. En 1980, Ji Han-Jae et son organisation furent condamnés pour fraude fiscale et il fut envoyé en prison.

Pendant son incarcération, Ji n'avait rien d'autre à faire que pratiquer les exercices de méditation que Grand-Mère lui avait enseignés, et lire la Bible, seul livre autorisé en prison. Pas un de ses anciens élèves ne lui rendit visite.

À sa sortie de prison, Ji Han-Jae avait beaucoup changé. Il travailla pendant un temps comme garde du corps au temple Hanul Gyo, avant d'être contacté par l'américain Merill Jung, qui souhaitait l'aider à quitter la Corée (le pays restait dangereux) et devenir son élève. En 1983, Ji Han-Jae fonda le Sin Moo Hapkido, version ultime de son art, à laquelle il avait ajouté la philosophie qu'il avait mise au point en prison, issue des enseignements taoïstes, bouddhistes, confucianistes et chrétiens, ainsi que tous les exercices de méditation avancée que lui avait enseigné Grand-Mère.

Ji Han-Jae pratiquant un exercice de méditation du Sin Moo Hapkido

En 1984, Ji Han-Jae émigra aux États-Unis, après un séjour de trois mois en Allemagne. Il s'installa à Daly City, où il enseigna le Sin Moo Hapkido, assisté par Merill Jung et son élève Yung Freda, qui parlait coréen et servait d'interprète. Bientôt, de nombreux élèves vinrent s'entraîner chez lui, parmi lesquels l'américain Ken MacKenzie et le suisse Jürg Ziegler. Tous deux allaient devenir ses meilleurs élèves. Puis le Sin Moo Hapkido commença à se diffuser dans le monde entier : en 1990 eut lieu le premier séminaire international à San Francisco, structuré en 100 heures d'entraînement réparties sur 10 jours. Puis, en 1995, Jürg Ziegler fonda l'Association Européenne de Sin Moo Hapkido, et invita Ji Han-Jae et Yung Freda pour le premier séminaire européen de Sin Moo Hapkido à Wil, en Suisse. Étaient présents à ce séminaire Nicolas Tacchi (France), Juri Fleischmann (Allemagne), Perry Zmugg (Autriche), Rami Vainionpää (Finlande), Rafael Balbastre (Espagne) et Massan Ghorbani (Irlande).

Premier stage de Sin Moo Hapkido en Europe

En 1997, Ji Han-Jae nomma Nicolas Tacchi responsable du Sin Moo Hapkido pour la France après un premier stage dans l'hexagone. Entre 1997 et 2003, c'est Jürg Ziegler qui se chargea de la formation de Nicolas et de ses élèves de Sin Moo Hapkido. Ji revint enseigner en France en 2003 et 2006, puis Nicolas Tacchi fut nommé responsable du Sin Moo Hapkido pour l'Afrique : il est notamment à l'origine du développement de l'art en Tunisie, en Algérie et en Mauritanie. Après des stages en Europe en 2008 et 2009, Ji Han-Jae donna à Nicolas Tacchi la responsabilité de la Fédération Francophone de Sin Moo Hapkido en 2010, lors du stage en Corée au cours duquel il désigna ses successeurs. Depuis 2014, Ji Han-Jae a mis en place le système des "Kwan", Écoles de Sin Moo Hapkido dirigées par la nouvelle génération de Maîtres, destinées à transmettre l'héritage du Sin Moo.

À l'occasion du Séminaire International de Sin Moo Hapkido des 28 et 29 mai 2016, DoJuNim Ji Han-Jae a officiellement validé la création de l'École Jeong Hak Kwan, sous la direction de Nicolas Tacchi.

DoJuNim Ji Han-Jae, entouré de quelques uns de ses meilleurs élèves européens

Jeong Hak Kwan

D'après les légendes, le Sundo serait né il y a 9800 ans dans les montagnes de l'actuelle Corée. Initialement appelé San Sa Ram (ou "l'homme dans la montagne"), il fût renommé Bar'k Dol Bup ("recevoir l'énergie lumineuse"), Jeong Gak Do ("voie de l'éveil juste") et enfin Kouk Sun Do ("voie des sages coréens"), parfois raccourci en Sundo (expliqué comme "voie du retour à la nature"). Enseigné par les ermites taoïstes des montagnes aux guerriers Samrang à l'époque des Trois Royaumes, l'art se transmit ensuite dans ces deux branche distinctes : celle des Samrang (pratiquée par Ji Han-Jae) et celle des ermites. En 1974, un ermite répondant aux noms Chung-San et Be-Kyung quitta les montagnes pour enseigner le Sundo au grand public. Il forma pendant dix ans une douzaine de Maîtres, dont un qui quitta la Corée pour aller enseigner aux États-Unis : Maître Kim Hyun-Moon (ou Hyunmoon Kim). L'un des meilleurs élèves de Maître Kim était français et s'appelait Philippe Lewkowicz. C'est avec Philippe et Maître Kim que Nicolas Tacchi apprit le Sundo à partir de 2000, et inclut cette pratique dans son entraînement de Sin Moo, réunissant ainsi les deux branches séparées il y a plus de 1500 ans en une méthode cohérente, pédagogique et progressive.

Maître Chung San, surnommé Be-Kyung

Maître Hyun-Moon Kim, États-Unis

Maître Philippe Lewkowicz, France

Maître Nicolas Tacchi

Le Kobudo d'Okinawa est né dans les îles de Ryu-Kyu, au large du Japon, au XVe siècle : en 1429, l'île d'Okinawa est unifiée et entre dans une période de prospérité et d'échanges avec les pays voisins (Chine, Corée, Japon). Une génération après, le roi Sho-Shin interdit la possession d'armes et assigne les nobles à résidence. De cette politique sécuritaire sont nés les arts de combat alternatifs que sont le Karate (alors simplement appelé Te) et le Kobudo. Le premier est un art de combat à mains nues, mélange entre les techniques de combat indigènes et les boxes chinoises. Le second détourne les outils du quotidien pour en faire des armes improvisées, comme le  (bâton long de portage), le (bâton moyen) le Tonfa (morceau de manivelle), le Nunchaku (fléau agricole), l'Eku (rame), les Saï (fourches pour manipuler le foin) le Nunti (gaffe du pêcheur), le Suruchin (corde lestée), le Sansetsukon (Nunchaku à trois sections) ou encore le Timbe (bouclier) et le Seiryutô (machette). Pendant près de 30 ans, Nicolas Tacchi s'est entraîné au Kobudo d'Okinawa et en a maîtrisé plusieurs armes. Cela lui a donné des bases solides pour apprendre le maniement des armes du Sin Moo Hapkido. À travers le Jeong Hak Kwan, il souhaite mettre à profit les outils pédagogiques du Kobudo pour l'apprentissage des techniques d'armes du Sin Moo, et ainsi permettre une pratique évolutive qui s'échelonne tout au long de la vie de l'étudiant.

Maître Nicolas Tacchi démontrant une technique de Jô (en coréen Joong Bong)

En plus de ses disciplines maîtresses que sont le Sin Moo Hapkido, le Sundo et le Kobudo, Nicolas Tacchi a puisé dans ses différentes expériences des arts martiaux et internes (acupression Amma, sarbacane, arts de points de pression, tir à l'arc, Taekwondo...) pour élaborer un programme technique répondant au mieux à son objectif : un apprentissage juste et adapté à chacun, tant sur le plan physique que mental ; soigner son corps et son esprit, en évitant les blessures (fréquentes dans la plupart des activités physiques) et en se construisant progressivement. D'où l'utilisation du terme Jeong Hak, "apprentissage juste", pour désigner son école.

Pour plus d'informations, voir l'onglet "qui sommes-nous".

Sources :

• Dr Sean Bradley, Sinmoo Hapkido curriculum handbook :

http://www.lulu.com/shop/sean-bradley/sinmoo-hapkido-curriculum-handbook/paperback/product-18840122.html

• Marc Tedeschi, Hapkido : Traditions, Philosophy, Technique :

https://www.amazon.com/Hapkido-Traditions-Philosophy-Marc-Tedeschi/dp/0834804441

• Scott Shaw, Histoire des Arts Martiaux coréens

http://tae.kwon.do.free.fr/index.php?static/Histoire-des-Arts-Martiaux-Coreens-Par-Scott-Shaw

• World Sin Moo Hapkido Federation, True History of Korean Hapkido and Hapkido Founder "DoJuNim" Ji, Han Jae :

http://www.worldsinmoohapkidofederation.com/pdf/History-WSMHF.pdf

• Interview avec Ji Han-Jae et Chris Garland, TaeKwonDo Times :

http://www.network54.com/Forum/256969/message/1157043747/Ji+Han+Jae+interview

• Histoire du Hapkido selon Ji Han-Jae :

http://hapkidoaustralia.com/?p=7512

• Histoire du Daïto Ryu Aïki Jujutsu :

http://www.aikijujitsu-bushidojo.com/3.html

• Histoire du Sundo :

http://sundoacademy.tistory.com/entry/What-is-the-Definition-of-Kouksundo-Sundo

• Histoire du Kobudo : 

http://www.ecoleartsmartiaux.com/kobudo/histoire-du-kobudo.html

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